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Zèle


"Elle est, à bien prier, exacte au dernier point,
Mais elle bat ses gens, et ne les paye point.
Dans tous les lieux dévots, elle étale un grand zèle,
Mais elle met du blanc, et veut paraître belle;"
Le Misanthrope, III, 4, v. 939-942

"Mais vous ne croiriez point jusqu'où monte son zèle;
Il s'impute à péché la moindre bagatelle,
Un rien presque suffit pour le scandaliser."
Le Tartuffe, I, 5, v. 305-307

"Et comme je ne vois nul genre de héros
Qui soient plus à priser que les parfaits dévots;
Aucune chose au monde, et plus noble, et plus belle,
Que la sainte ferveur d'un véritable zèle;
Aussi ne vois-je rien qui soit plus odieux,
Que le dehors plâtré d'un zèle spécieux;
Que ces francs charlatans, que ces dévots de place."
Le Tartuffe, I, 5, v. 355-361

Le zèle est un des traits de comportement des superstitieux, condamnés dans le traité De la sagesse (1601) de Pierre Charron, en même temps que les pédants ("ce qu'ont dit les autres avant eux") et les formalistes ("dans les formes") :

Enfin pour montrer combien grande est notre misère, je dirai que le monde est rempli de trois sortes de gens qui y tiennent grande place en nombre et réputation : les superstitieux, les formalistes, les pédants, qui bien que soient en divers sujets, ressorts, et théâtres (les trois principaux, religion, vie ou conversation, et doctrine), si sont-ils battus à même coin, esprits faibles, mal nés, ou très mal instruits, gens très dangereux en jugement, touchés de maladie presque incurable.
[...]
Les superstitieux, injurieux à Dieu, et ennemis de la vraie religion, se couvrent de piété, zèle, et affection envers Dieu, jusques à s'y peiner et tourmenter plus que l'on ne leur commande, pensant mériter beaucoup, et que Dieu leur en sait gré, voire leur doit de reste ; que feriez-vous à cela ? Si vous leur dites qu'ils excèdent et prennent les choses à gauche, pour ne les entendre pas bien, ils n'en croiront rien, disant que leur intention est bonne (par où ils se pensent sauver) et que c'est par dévotion. D' ailleurs ils ne veulent pas quitter leur gain, ni la satisfaction qu'ils en reçoivent, qui est d' obliger Dieu à eux.
(éd. de 1797, p. 46-47)




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