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Vous vous règlerez là-dessus


" Mais enfin, quand je vous aurai fait voir ce que le Ciel vous marque, vous vous réglerez là-dessus à votre fantaisie, et ce sera à vous à prendre la fortune de l'un, ou de l'autre choix."
Les Amants magnifiques, III, 1

Des arguments mettant en cause la prédestination à laquelle contraignent les prédictions astrologiques avaient été énoncés dans

  • le traité De l'instruction de Monseigneur le Dauphin (1640) de La Mothe le Vayer (1)
  • la Dissertation sur la nature des comètes (1665) de Pierre Petit(2).

Le même point de vue est exposé de manière plaisante par Charles Cotin, dans l'une de ses Lettres galantes sur l'astrologie judiciaire (3).


(1)

Mais toutes ces protestations ne sont pas faites que pour ôter le scrupule à ceux qui seraient sans cela conscience d'écouter les Astrologues ; et elle n'empêchent pas, qu'en toutes occasions, et par tous leurs axiomes ils ne prononcent aussi résolutivement, que si au lieu d'animaux libres et raisonnables, nous n'étions, selon la conception de Phavorin, que de vraie marionnettes, attachées aux Astres par des influences par des cordes, de qui nous reçussions tous nos mouvements, sans en avoir aucun de propre. Et véritablement si le Ciel ne peut être signe que des choses nécessaires, et dont il est la cause, selon la doctrine de S. Thomas, puisque autrement, ce serait un signe trompeur ; il faut ou nier absolument que les Astrologues voient au Ciel les signes de ce qui nous doit arriver, et de ce que nous devons faire, ou confesser que le même Ciel est la cause de toutes nos actions [...].
(éd. des Œuvres de 1756, I, 1, p. 308)

(2)

Mais parce qu'elle [l'astrologie judiciaire] assujettit indifféremment les actions du corps et de l'esprit, qui dépendent de la liberté des hommes, à la prédiction des Astres; quoi que ses Professeurs prétendent s'échapper en disant que les Astres ne font qu'incliner, et qu'on peut par sagesse et prudence éviter leurs mauvaises influences.
(p. 133)

(3)

Eh quoi, Madame, n'y a-t-il point assez de tyrannie sur la terre ? Faut-il encore s'en faire une au Ciel ? craint-on si fort sa liberté ? est-il un si grand malheur que l'indépendance ?
[…]
Faut-il chercher une autre cause de votre bonne volonté, que votre volonté même ? N'est-ce pas elle qui se détermine comme il lui plaît ? A-t-elle besoin d'une lumière étrangère et mendiée, elle qui est conduite d'un esprit si intelligent et si épuré? Pourquoi chercher si loin une cause que nous avons en nous-mêmes? Votre âme ne serait-elle qu'une machine qui se remue par une autre? n'irait-elle que comme elle est menée, sans distinction et sans choix?
(éd. 1663, p. 138-139)




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