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Vous dresser des statues


"Si la France pouvait connaître votre prix,
– Si le siècle rendait justice aux beaux esprits,
– En carrosse doré vous iriez par les rues.
– On verrait le public vous dresser des statues."
Les Femmes savantes, III, 3 (v. 983-986)

Les flatteries réciproques des savants sont dénoncées comme source d'erreur dans le traité De la Recherche de la vérité (1674) de Malebranche :

Nous devons aussi nous bien mettre dans l'esprit que la plupart des hommes sont portés à la flatterie ou à nous faire des compliments, par une espèce d'inclination naturelle, pour paraître spirituels, pour attirer sur eux la bienveillance des autres, et dans l'espérance de quelque retour, ou enfin par une espèce de malice et de raillerie; et nous ne devons pas nous laisser étourdir par tout ce que l'on peut nous dire. Ne voyons-nous pas tous les jours que des personnes, qui ne se connaissent point, ne laissent pas de s'élever l'un l'autre jusqu'aux nues, la première fois même qu'ils se voient et qu'ils se parlent ? et qu'y a-t-il de plus ordinaire que de voir des gens qui donnent des louanges hyperboliques et qui témoignent des mouvements extraordinaires d'admiration a une personne qui vient de parler en public, même en présence de ceux avec lesquels ils s'en sont moqués quelque-temps auparavant. Toutes les fois qu'on se récrie, qu'on pâlit d'admiration, et qu'on parait comme surpris des choses que l'on entend, ce n'est pas une bonne preuve que celui qui parle dit des merveilles, mais plutôt qu'il parle à des hommes flatteurs, qu'il a des amis ou peut-être des ennemis qui se divertissent de lui.
(IV, 13, éd. de 1688, p. 494)




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