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Virtus dormitiva


"Mihi a docto Doctore
Domandatur causam et rationem, quare
Opium facit dormire?
À quoi respondeo,
Quia est in eo
Virtus dormitiva.
Cujus est natura
Sensus assoupire."
Le Malade imaginaire, Troisième intermède

Les notions scholastiques telles que "qualités", "vertus" ("une vertu sympathique") sont fermement rejetées dans La Recherche de la vérité (1674-1675) de Malebranche :

Le feu échauffe, sèche, durcit et amollit, parce qu'il a la faculté de produire ces effets. Le séné purge par sa qualité purgative, le pain même nourrit, si on le veut, par sa qualité nutritive, ces propositions ne sont point sujettes à l'erreur. Une qualité est ce qui fait qu'on appelle une chose d'un tel nom, on ne le peut nier à Aristote; car enfin cette définition est incontestable. Telles ou semblables manières de parler ne sont point fausses, mais c'est qu'en effet elles ne signifient rien.
(VI, 2, éd. de 1688, t. II, p. 172)

Ils répondent hardiment à ces questions obscures et indéterminées : d'où vient que le soleil attire les vapeurs, que le quinquina arrête la fièvre quarte, que la rhubarbe rouge purge la bile et le sel polychreste le flegme ? Mais ils se rendraient ridicules à tout le monde s'ils supposaient un mouvement d'attraction et des facultés attractrices pour expliquer que les chariots suivent les chevaux qui y sont attelés, et une faculté détersive dans les brosses pour nettoyer les habits et ainsi des autres questions.
(VI, 4, p. 189)




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