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Une cérémonie magique de chantres et danseurs


"La seconde scène est une cérémonie magique de chantres et de danseurs"
"La Pastorale comique", sc. II

La "cérémonie magique" en chant et en musique, par laquelle on feint d'attribuer un pouvoir ou une dignité à un personnage dupe, trouvera son plein développement dans la cérémonie turque du Bourgeois gentilhomme.

Elle avait connu un précédent dans les comédies de :

  • La Désolation des filoux (1662) de Chevalier (1)
  • Le Jaloux invisible de Brécourt (achevé d'imprimer : 22 novembre 1666) (2)

Certains éléments communs à ces deux versions se retrouveront également dans Monsieur de Pourceaugnac ("dansent à l'entour")


(1)

SCÈNE VI
[…]
PLUME SEICHE.
Je vais appeler Macaé. (Il appelle ses compagnons.)
Macaé, la chandelle noire
Et le bonnet blanc comme ivoire !
Vous serez guéri des premiers.

GUILLOT.
Ah ! ce sont ici des sorciers !
On ne parle que de magie.

PLUME SEICHE lui donne une bougie, et lui donne un bonnet blanc en forme de pain de sucre.
Tenez en main cette bougie.

GUILLOT.
Moi ! pourquoi la tenir, Monsieur ?

PLUME SEICHE.
Il le faut.

GUILLOT.
Ah ! je meurs de peur.

PLUME SEICHE.
Voici toute notre cabale.

GUILLOT.
Ou plutôt la troupe infernale.

SCÈNE VII
Les trois autres filous viennent en robe noire, un bonnet blanc en forme de pain de sucre et une longue bougie noire à la main, criant tous à la fois, en tournant autour de Guillot : "Virago, Macaé, Abdenago", et après avoir fait trois tours autour de lui, ils sortent et le laissent là, lequel demeure fort surpris.

(2)

[…]
MARIN.
Je m’en vais invoquer des ombres de là-bas ;
Retirez-vous.

CARIZEL.
O mal ! cruelle jalousie !
Jusques à quand veux-tu troubler ma fantaisie ?
Après que Marin a fait toutes les postures et grimaces magiques, un pupitre paraît porté par trois figures grotesques, qui préludent par Bondi Cariselli, et après que le trio a dit une fois Bondi Cariselli,

MARIN.
Ils vous disent bonjour, répondez donc.

CARIZEL.
À moi ?

MARIN.
Oui.

CARIZEL
Bonjour donc, Messieurs.

MARIN.
Vous avez quelque effroi !

CARIZEL.
Point.

(On chante le trio)

Bondi Cariselli,
Sanita,
Allegressa,
Quanto vivra
Questo guido in sanita
D’alla beretta
Ogni cosa aspetta.
Ho, ho, ho, ho, ho !
Il grande becco
Cornuto,
Tic tac, tic tac, tic tac,
Toc tic, toc tic,
Tac, tic tac, tic tac.
Ba, ba, ba, ba, ba, ba, ba, ba tu,
Cariselli,
Becco Cornuto.

(III, 5)




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