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Un mot pour qui il a tant d'aversion


"Donner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu'il ne dit jamais je vous donne, mais je vous prête le bon jour."
L'Avare, II, 5

Les plaisanteries sur l'aversion des avares pour le mot "donner" se retrouvent

La réticence de l'avare à l'idée même du don est dépeinte

Voir aussi "gardez la bague"


(1)

Dès le matin en s'éveillant [...] il proférera dévotement ces paroles : "Je fais voeu et ferme propos de ne donner, prêter, ni promettre aucune chose, soit en pensées, en paroles ou en oeuvres".
Cela fait,il ira ouïr la messe, comme y étant tenu, combien qu'il fût jour ouvrable, attendu que tous les jours sont pour lui des fêtes à garder; et ne doit réputer aucun jour jour de travail que celui auquel il sera obligé, contraint et forcé de donner.
(p. 362)

S'il sait la langue latine et qu'il soit curieux de l'apprendre, il lui sera permis d'user du Despautère, et non pas du Donat.
Il lui est défendu [...] d'user de ces mots, fredon, guidon, amidon, bourdon, guerdon et de tous ceux de pareille terminaison, à cause de la dernière syllabe qui est fort odieuse à ceux de l'ordre.
Ne pourra aussi ledit chevalier ne jamais rien prêter si ce n'est l'attention ou l'oreille aux sons agréables seulement.
(p. 364-365)

(2)

De prêter et donner
Que l'on ne prête rien, et qu'on ne fasse présent d'aucune chose, sinon lorsqu'on sera plus qu'assuré d'en retirer le change [...]
(La Fameuse Compagnie de la lésine, Paris, A. Saugrain, p.35)

(3)

Mais n'avez-vous jamais vu d'avare forcé de faire un présent, dit Parthenice, et n'avez-vous pas remarqué qu'il donne toujours de mauvaise grace [...]
(Conversations morales, p. 724-725)




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