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Tout ebobi de voir ça


"Que d’histoires et d’angigorniaux boutont ces messieus-là les courtisans, je me pardrais là dedans pour moi, et j’estais tout ébobi de voir ça. Quien, Charlotte, ils avont des cheveux qui ne tenont point à leu teste, et ils boutont ça après tout comme un gros bonnet de filace. Ils ant des chemises qui ant des manches où j’entrerions tout brandis toi et moi. En glieu d’haut-de-chausse, ils portont un garde-robe aussi large que d’ici à Pasque, en glieu de pourpoint, de petites brassières, qui ne leu venont pas usqu’au brichet"
Don Juan ou le Festin de pierre, II, 1

Un récit similaire d'ébahissement devant le faste de la cour figurait dans les Agréables conférences de deux paysans de Saint-Ouen et de Montmorency sur les affaires du temps (1649) :

Quan je feume dedan [...] je fu ravy en yeuxtasse de vouar tant de biau monsieux, qui estient dans la sale ; y lavien de belle panache et dè courdon à leu chappiau qui valien pus que tout nout vilage ; y lavien des gens environ eux, qui avien des mandrille décrlate rouze et varte, toute couvarte doz aveu des croas quem sur lè quar déçuz.
(éd. T. Rosset, Les Origines de la prononciation moderne, Paris, Armand Colin, 1911, t. II, p. 11)




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