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Tout ce que je vois d'aimable


"Je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable, et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous."
Don Juan ou le Festin de pierre, I, 2

La même déclaration peut être lue dans

  • l'élégie II, 4 des Amours d'Ovide (1)
  • "Sur l'inconstance,et sur les diverses recherches des amants", in Oeuvres diverses (1663) de Charles Sorel (2)
  • Les Amours d'Ovide (1663) de Gabriel Gilbert (3)
  • les deux premiers articles de la "Morale galante de Térame", exprimée dans la Partie III, 2 (1657) de la Clélie des Scudéry (4)


(1)
Nam desunt vires ad me mihi iusque regendum;
auferor ut rapida concita puppis aqua.
non est certa meos quae forma invitet amores—
centum sunt causae, cur ego semper amem.
(Livre II, Elegie IV, v. 7-10)

Je n'ai pas la force de me gouverner, je suis comme le navire qu'emportent les flots rapides. Mon coeur ne s'astreint pas à préférer certaines beautés, il trouve cent raisons de les aimer toutes.

(2)

Mais, que faites-vous, belle et charmante dame ? Voulez-vous désarmer l'amour, à qui votre sexe a fourni de flèches et de dards, et qui n'a point de feu qu'il n'ait tiré de vos yeux? Voulez-vous même chasser de son trône, la nature qui est sa véritable mère? Pouvez-vous vous soustraire de ses lois qui sont si anciennes, et si puissantes? Elles nous ordonnent d'aimer tout ce qui est aimable, et quand on nous laisse en cette liberté, je ne vois pas qu'il en puisse arriver un grand mal. Quelquefois il est utile de suivre les sentiments naturels qui sont guidés par une force supérieure.
(p. 461)

(3)

Il faut dans les désirs imiter la nature,
Qui ne peint pas les champs d'une même peinture,
Et par ses changements et ses diversités,
Fait briller à nos yeux différentes beautés.
Chaque Dame a ses dons et remplit bien sa place,
L’une a la majesté, l’autre a la bonne grâce,
L’une a tous les traits beaux, l’autre un teint délicat,
L’une a de l’agrément, l’autre beaucoup d’éclat,
Enfin le Ciel a fait, pour charmer tout le Monde,
La belle, l’agréable, et la brune, et la blonde ;
Mais jusques à présent nul n’a pu décider,
Entre tant de beautés laquelle doit céder.
Quand on n’est pas aveugle, et qu’on est raisonnable,
On doit aimer partout tout ce qu'on voit d'aimable,
Et qui n'est pas sensible où brillent les appas,
S'en croit lui-même indigne où ne les connaît pas.
(IV, 5)

(4)

I.
Il faut aimer tout ce qui paraît aimable, pourvu qu'il y ait quelque apparence de trouver plus de plaisir que de peine à la conquête que l'on veut faire.
(p. 1362)




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