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Taisez-vous, ma bonté


"Taisez-vous, ma bonté, cessez votre entretien :
Vous êtes une sotte et je n'en ferai rien."
L'Etourdi, III, 1 (v. 901-902)

La prosopopée aux sentiments est une figure caractéristique du monologue de tragédie (voir aussi, dans Don Garcie de Navarre, "ma raison, renferme mes transports").

On la retrouve, en particulier, dans deux pièces de Pierre Corneille qui faisaient partie du répertoire de la troupe de Molière :

Silence, mon amour, laisse agir ma colère :
S'il a vaincu deux Rois, il a tué mon père.
(IV, 1)

Amour qui me confonds, cache du moins tes feux.
(III, 2)

Sors de mon coeur, Nature
(V, 7)

La parodie de cette convention avait été mise en oeuvre dans le Lucain travesti, ou les Guerres civiles de César et de Pompée (1656) de Georges de Brébeuf :

César se voyant enfin
Sur le rivage latin,
Dit ces dévotes paroles :
"Taisez-vous, craintes frivoles,
Vous qui blâmez mon courroux,
Respect, honneur, taisez-vous,
Devoir, amour, alliance,
Fuyez, ou faites silence".
(Livre I, p. 106)




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