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Sois complaisante aux civilités qu'on te rend


"- Seigneur, je vous demande la licence de prévenir par deux paroles la déclaration des pensées que vous pouvez avoir. Il y a deux vérités, Seigneur, aussi constantes l'une que l'autre, et dont je puis vous assurer également: l'une que vous avez un absolu pouvoir sur moi, et que vous ne sauriez m'ordonner rien où je ne réponde aussitôt par une obéissance aveugle. L'autre que je regarde l'hyménée ainsi que le trépas, et qu'il m'est impossible de forcer cette aversion naturelle: me donner un mari, et me donner la mort c'est une même chose; mais votre volonté va la première, et mon obéissance m'est bien plus chère que ma vie: après cela parlez, Seigneur, prononcez librement ce que vous voulez.
- Ma fille, tu as tort de prendre de telles alarmes, et je me plains de toi, qui peux mettre dans ta pensée que je sois assez mauvais père pour vouloir faire violence à tes sentiments, et me servir tyranniquement de la puissance que le Ciel me donne sur toi. [...] je veux en user avec toi en père, qui chérit sa fille: si tu trouves où attacher tes vœux, ton choix sera le mien [...]. Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend, et ne m'oblige point à faire les excuses de ta froideur"
La Princesse d'Elide, II, 4

Toute cette scène, y compris la profession de foi d'indifférence d'Euryale, présente des similitudes avec les v. 755- 1030 d'El desdén con el desdén (1654) d'Agustin Moreto.

Certains passages sont en partie traduits du texte espagnol :

DIANA :
Señor, que me des te ruego
licencia, antes que prosigas
ni tu palabra haga empeño
de cosa que te esté mal,
de prevenirte mi intento.
Lo primero es que contigo
ni voluntad tener puedo,
ni la tengo, porque solo
mi albedrío es tu precepto.
Lo segundo es que el casarme,
señor, ha de ser lo mesmo
que dar la garganta a un lazo
y el corazon a un veneno.
Casarme y morir es uno;
mas tu obediencia es primero
que mi vida. Esto asentado,
venga [a]hora tu decreto.
(Première journée, v. 768-784)

CONDE
Hija, mal has presumido,
que yo casarte no intento,
[...]
Y también que esto no es
resistencia a mi precepto,
cuando yo no te lo mando,
porque el amor que te tengo
me obliga a seguir tu gusto;
y pues tú, en seguir tu intento,
ni a mí me desobedeces
ni los desprecias a ellos [...].
(Ibid., v. 785-808)




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