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Salit à tous moments l'imagination


"Peut-on, ayant de la vertu, trouver de l’agrément dans une pièce, qui tient sans cesse la pudeur en alarme, et salit à tous moments l’imagination ?"
La Critique de L'Ecole des femmes, sc. III

L'attitude de Climène s'apparente à celle d'une précieuse décrite dans les Oeuvres galantes (1663) de l'abbé Cotin :

Eh quoi, savez-vous pas qu'une Précieuse s'est évanouie pour avoir vu un vrai chien tout nu, et qu'après être revenue de son évanouissement, elle n'osa jamais rentrer dans la chambre où une chose si terrible s'était apparue à elle ? En effet, il y avait bien de quoi s'effrayer, de voir un bichon tondu. Les nudités, comme elle dit, salissent l'imagination [...].
(Lettre XCVIII, p. 260)

Dans son Traité de la comédie (1666), le prince de Conti fera le même constat :

Or il faut avouer de bonne foi que la comédie moderne est exempte d'idolâtrie et de superstition. Mais il faut qu'on convienne aussi qu'elle n'est pas exempte d'impureté, qu'au contraire cette honnêteté apparente, qui avait été depuis quelques années le prétexte des approbations mal fondées qu'on donnait à la comédie, commence présentement à céder à une immodestie ouverte et sans ménagement, et qu'il n'y a rien par exemple de plus scandaleux que la cinquième scène du second acte de L'Ecole des femmes, qui est une des plus nouvelles comédies.

(éd. de 1669, p. 23)




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