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Robinet, Lettre en vers à Madame du 22 juin 1669


Ce VIZIR(*) aux valeureux Faits
Ferait mieux de faire la Paix
Avant que notre Armée arrive,
Laquelle, ayant quitté la Rive,
Ou bien la Rade, de TOULON,
A vogué par un Vent si bon,
Qu’on la croit, sans avoir fait halte,
Du moins à la Hauteur de MALTE.
Mais j’apprends que le GRAND SEIGNEUR,
Prenant icelle Paix à cœur
Pour mainte raison qui l’y porte,
Envoie Quelqu’un de sa PORTE
Ambassadeur vers notre ROI,
Exprès pour en parler, je crois,
Sachant qu’il est à juste Titre
De Guerre et Paix le grand Arbitre.
On dit que cet Ambassadeur
Doit paraître avecque splendeur,
Et qu’il est un Seigneur de marque,
Comme il le faut pour un MONARQUE
Qu’on doit adorer en tous Lieux,
Et non de ces Chiaoux si gueux
Qu’on envoie ailleurs d’ordinaire,
Dont nous disons Lère-lanlère.

(*) Fazil Ahmed Köprülü, le vainqueur de Candie.

(Texte saisi par David Chataignier à partir du Tome III (années 1668-69) de l'édition du Bon Nathan-James-Edouard de Rothschild et de Émile Picot, 1881-1883, Paris, D. Morgand et C. Fatout éditeurs).




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