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Robinet, Lettre en vers à Madame du 20 février 1667


Charles Robinet, Lettre en vers à Madame du 20 février 1667, p. 00-00.


Mais, à propos de notre COUR,
Les Ambassadeurs, l’autre jour,
Y complimentèrent la REINE,
Cette excellente Souveraine,
Dessus l’aimable Événement
De son heureux ACCOUCHEMENT,
Lequel nous donne une PRINCESSE
Qu’on admire déjà sans cesse,
Et qui, se faisant bien nourrir
Avec Elle aussi fait fleurir
Une Troupe de jeunes Charmes
Qui causeront bien des Alarmes.

Ensuite ces Complimenteurs,
Qui parurent bons Orateurs,
Furent, par l’ordre du GRAND SIRE,
Tous conviés, pour leur Bien-dire,
À se divertir au BALLET
Et traités en Festin complet.

On a, depuis le Treizième,
Dansé trois fois ce Ballet même
Qui, changeant encor beaucoup plus
De visages que PROTHEUS [sic.],
Avait lors deux autres ENTRÉES,
Qu’on a beaucoup considérées,
Savoir des MORES et MAHOMS,
Deux très perverses Nations. [MG : Turcs.]

Le BAL aussi parfois se donne,
Où des mieux l’on collationne ;
Puis la COMÉDIE, en son Jour,
Divertit de même, à son tour,
Par quatre Troupes différentes [MG : Deux des Français et deux d’Espagnols et
Et qui sont toutes excellentes. d’Italiens.]
La Chasse enfin et les Festins,
Les chers Amis des Intestins,
Et les beaux Concerts de BAPTISTE,
Qui n’est point un ANABAPTISTE,
Font les Ébats du CARNAVAL
Chez le MONARQUE sans égal.

Mais ce sera bien autre chose,
De la manière qu’on en cause,
Demain et les deux Jours d’après,
Et l’on fait de rares Apprêts,
À cet Effet, dedans VERSAILLES,
Où l’on ne paye point de Tailles.
Des Gens qui ne sont point Menteurs
M’ont parlé de cinq cent Piqueurs,
Employés à larder les Viandes,
Toutes exquises et friandes,
Dont notre magnifique ROI
Veut qu’on régale en bel arroi
Tous et chacuns [sic.] Messieurs les MASQUES,
Qui, sans commettre aucunes [sic.] frasques [sic.],
Voudront aller voir sagement
Ce nouveau Divertissement
Duquel je vous promets de mettre
Le Détail dans une autre Lettre.




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