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Que dois-je, après tout, à leur magnificence


"Vos retraites ici me semblent hors de temps,
Et c'est fort maltraiter l'appareil magnifique
Que chaque prince a fait pour la fête publique:
Ce spectacle pompeux de la course des chars
Devrait bien mériter l'honneur de vos regards.
- Quel droit ont-ils chacun d'y vouloir ma présence,
Et que dois-je après tout à leur magnificence?
Ce sont soins que produit l'ardeur de m'acquérir,
Et mon cœur est le prix qu'ils veulent tous courir:
Mais quelque espoir qui flatte un projet de la sort
Je me tromperai fort si pas un d'eux l'emporte".
La Princesse d'Elide, II, 1 (v. 340-350)

L'héroïne de la pastorale Les Charmes de Félicie (1654), jouée six fois par la troupe de Molière en 1660, se tenait elle aussi à l'écart des jeux afin de fuir les galants :

DIANE :
Oui je hais ce grand bruit, et ma libre-pensée
D’un spectacle si long n’est plus embarrassée.

PHILINTE :
Sortir si tôt des jeux, quel est votre souci ?

DIANE :
Je fuis des importuns, et j’en retrouve ici.

PHILINTE :
Quoi, donnez-vous ces noms à qui vous rend hommage ?

DIANE :
Ce qui ne me plait pas m’importune et m’outrage.

PHILINTE :
Ne quitterez-vous point ces rigueurs quelque jour ?

DIANE :
Oui, quand vous n’aurez plus ni d’espoir, ni d’amour.
(Les Charmes de Félicie, tirés de la Diane de Montemayor, pastorale, Paris, G. de Luyne, 1654, I, 2, p. 3-4)




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