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Opinions de nos anciens


"Mais sur toute chose, ce qui me plaît en lui, et en quoi il suit mon exemple, c'est qu'il s'attache aveuglément aux opinions de nos anciens"
Le Malade imaginaire, II, 5

La condamnation de ceux qui "s'attachent aveuglément aux opinions des anciens" est une idée largement répandue vers 1670.

On la relève ainsi dans le Traité de physique (1671) de Rohault :

Je m'appliquai donc à approfondir en quoi la conduite des philosophes aurait pu être défectueuse. Et après avoir examiné le plus soigneusement qu'il me fut possible celle que l'on a tenu depuis les écoles d'Athènes jusqu'à notre temps, il me sembla que l'on y pouvait trouver quatre choses à redire.
La première est ce grand crédit qu'on a toujours donné aux anciens dans les écoles. Car, outre que cette prodigieuse différence qu'on met entre eux et les modernes n'a aucun fondement, vu que la raison est de tout pays et de tout âge, il est certain qu'une soumission si aveugle à tous les sentiments de l'Antiquité, est cause que les meilleurs esprits, recevant souvent sans y penser des opinions comme vraies qui peuvent être fausses,ne sont plus en état de connaître celles qui leur sont opposées, ni par conséquent de trouver toutes les autres vérités, dépendantes de celles qu'un si pernicieux préjugé les empêche d'apercevoir.
(éd. de 1676, Préface, n.p.)

Mais les traités de médecine ne demeurent pas en reste. Ainsi la Dissertation sur la cause de la purgation (1659) de Nicolas Liénard :

Au moins aurai-je l'avantage sur ceux qui me feront ces reproches d'avoir fait les mêmes études qu'eux, et quelque chose de plus ; de n'avoir pas pris les choses par autorité et par mémoire, mais par méditation et par raison ; d'avoir poussé ma curiosité un peu plus loin qu'ils n'ont fait la leur, et de ne m'en être pas aveuglément tenu au travail et aux expériences des anciens, à celles d'Aristote, d'Hippocrate et de Galien; mais d'avoir suivi pas à pas des modernes, qui pour n'avoir pas tant écrit que ces premiers, n'ont pas moins bien pensé qu'eux.
(p. 20) (1)


(1) source :L. Drach, Das medizinische Vokabular Molières, 1970, p. 29




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