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N'en déplaise à la gloire


"Oui j'aime mieux, n'en déplaise à la gloire,
Vivre au monde deux jours que mille ans dans l'histoire."
La Princesse d'Elide, I, 2 (v. 229-230)

Une semblable mise en cause du bien-fondé de la gloire avait été formulée par La Mothe le Vayer dans son "petit traité" "De l'humilité et de l'orgueil" (Opuscules ou petits traités, 1647) :

Il n'y rien de plus vain que cette ambition de grande renommée, puisque nous ne pouvons par là obtenir chose du monde qui ne nous soit commune avec ceux qui n'ont jamais eu de subsistance ailleurs que dans l'imagination. On peut considérer aussi que notre félicité serait réduite à d'étranges termes, si elle dépendait de la pensée des autres et de l'estime qu'ils font de nous. [...] Mais supposons que la gloire soit quelque chose de réel et de solide ; à quel prix la mettrons-nous, si personne n'en peut jouir que par la perte de son repos et de sa chère liberté ? Pouvons-nous d'ailleurs mettre au rang des biens et nous travailler pour l'acquisition de ce qui est capable de nous perdre, et qui a presque toujours été cause de la ruine des plus grands hommes de tous les siècles ? [...] Une tranquille médiocrité de gloire et de fortune est incomparablement plus heureuse qu'une si haute réputation ni qu'une grandeur pleine de bruit et élevée jusqu'à la région des foudres. Les fleurs mêmes de la campagne qui sont les plus regardées sont en récompense les premières cueillies.
(éd. des Oeuvres de 1756, II, 2, p. 186-187)




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