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Mon père est mon rival


"- Comment va notre affaire? Les choses pressent plus que jamais; et depuis que je ne t'ai vu, j'ai découvert que mon père est mon rival."
L'Avare, II, 1

La formule figure à la scène 1 de l'acte III des Barbons amoureux et rivaux de leurs fils (1663) de Chevalier. (1)

La situation de la rivalité amoureuse entre père et fils est également évoquée à la scène 4 de l'acte I de la Mère coquette (1664) de Quinault. (2)


(1)

GUILLOT
Vous avez un rival.

CLIDAMANT
Un rival!

GUILLOT
Un rival; et qui ne vous craint guère
Et si vous m'en croyez, loin d'en être en colère
Vous chercherez ailleurs à pousser votre amour,
Car ce rival vous va jouer d'un mauvais tour.

CLIDAMANT
Il n'est point de rival dans mon amour axtrême,
Qui puisse m'arracher le digne objet que j'aime.
Je m'en vais le chercher ce rival dangereux,
Et nous verrons après qui l'aura de nous deux:
Il saura ce que c'est qu'irriter ma colère.

GUILLOT
O le joli garçon qui veut tuer son père!

CLIDAMANT
Mon père! que dis-tu? quel est le mien!

GUILLOT
Ce que je dis? je dis que cela ne vaut rien.

CLIDAMANT
Mon père mon rival! ah! quel coup de tonnerre!
[...]
(éd. de Paris, G. de Luyne, p. 34-35.)

(2)

CREMANTE
Eh! l'on n'est pas si vieux encore à soixante ans.

LE MARQUIS
Non da, vous êtes sain.

CREMANTE
Oui, je le suis, sans doute,

Hors quelques petits maux, comme atteinte de goutte,
Catarrhe, rhumatisme.

LE MARQUIS
Ah! tout cela n'est rien.

CREMANTE
Enfin, à cela près, je me porte assez bien,
Tout vieux que je parais, l'âge encore me laisse
Des restes de chaleur, des regains de jeunesse;
Mon poil blanc couvre encore un sang subtil et chaud,
Tel qu'au temps...

LE MARQUIS
Vous prenez le récit d'un peu haut.

CREMANTE
Je ne vous dis donc point enfin qu'en secret j'aime,
Que je suis depuis peu rival de mon fils même.
( Théâtre, 1715, t. III, p. 160-161.)




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