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Lui jetant un grès


"Et lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre,
L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître"
L'Ecole des femmes, II, 5 (v. 635-636)

Dans l'épopée, le grès est une arme défensive, utilisée depuis une position élevée en cas d'assaut de l'ennemi, comme l'illustrent plusieurs extraits de La Pucelle de Chapelain (1656) (1).

C'est ce que confirmeront les v. 928-929 : "...et de grès fait parade, comme si j'y voulais entrer par escalade."

Par ailleurs, l'expression "casser du grès à quelqu'un" signifie que l'on fait peu de cas de lui, comme l'attestent les dictionnaires d'époque (2). On rencontrait déjà l'expression dans La Comédie de proverbes (1633) (3).


(1)

Dans La Pucelle (1656) de Chapelain, on lance des "grais" sur les ennemis depuis une position élevée :

il s'élève toujours, malgré l'âpre tempête,
étonne, et fait blémir le nombreux défenseur,
et va du boulevard se rendre possesseur ;
lors qu'un énorme grais, poussé de la terrasse,
lui roule sur le dos, et l'échelle fracasse
(Livre 3)

C'est désormais l'enfer, dont la troupe invisible
rend de ces boulevards le haut inaccessible,
verse sur l'assaillant des montagnes de grais,
et fait pleuvoir sur lui des déluges de traits.
(Livre 4)

Pour faire, à sa valeur, aussi faible qu'altière,
dans ces larges fossés, trouver son cimetière,
roulez, partout, sur lui, vos cailloux et vos grais,
lancez, sur lui, partout, et vos dards et vos traits.
(Livre 11)

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(2)

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(3)

La comédie de proverbes (1633) :

Pour du Latin, je n'y entends rien, mais pour du grès, je vous en casse.
(I, 39)




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