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Les soins où je vois tant de femmes sensibles


"Et les soins où je vois tant de femmes sensibles,
Me paraissent aux yeux des pauvretés horribles."
Les Femmes savantes, I, 1, v. 50-51

Dans sa préface du traité De la Recherche de la vérité (1674), Malebranche déplore lui aussi ce comportement :

Lorsque l’on considère les différentes occupations des hommes, il y a tout sujet de croire qu’ils ont un sentiment si bas et si grossier d’eux-mêmes [. ..] on les voit presque toujours occupés aux choses qui ont rapport et qu’ils ne pensent presque jamais à celles qui sont absolument nécessaires à la perfection de leur esprit.
Le plus grand nombre ne travaille avec tant d'assiduité et de peine que pour soutenir une misérable vie, et pour laisser à leurs enfants quelques secours nécessaires à la conservation de leurs corps.

Ceux qui, par le bonheur ou le hasard de leur naissance, ne sont point sujets à cette nécessité, ne font pas mieux connaître par leurs exercices et par leurs emplois qu'ils regardent leur âme comme la plus noble partie de leur être. La chasse, la danse, le jeu, la bonne chère, sont leurs occupations ordinaires. Leur âme, esclave du corps, estime et chérit tous ces divertissements, quoique tout à fait indignes d'elle. Mais, parce que leur corps a rapport à tous les objets sensibles, elle n'est pas seulement esclave du corps, mais elle l'est encore , par le corps, a cause du corps, de toutes les choses sensibles. Car c'est par le corps qu'ils sont unis à leurs parents, à leurs amis, à leur ville, à leur charge, et à tous les biens sensibles, dont la conservation leur paraît aussi nécessaire et aussi estimable que la conservation de leur être propre.
(n. p.)




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