[retour à un affichage normal]

Accueil > Outils > Les Dieux ne sont point faits comme se les fait le vulgaire

Content-Type: text/html; charset=UTF-8

Les Dieux ne sont point faits comme se les fait le vulgaire


"les Dieux ne sont point faits comme se les fait le vulgaire, et c'est leur manquer de respect que de leur attribuer les faiblesses des hommes."
La Princesse d'Elide, II, 1

L'idée avait été formulée par La Mothe le Vayer dans son dialogue "De la divinité" (Neuf dialogues faits à l'imitation des Anciens), qui s'en sert pour avancer l'argument de la vanité des religions :

Les autres soutiennent qu'il vaudrait mieux nier les dieux tout à fait que de les attacher à des soins si indignes, et les revêtir humainement de passions si honteuses, voire si incompatibles avec la divinité . impius non qui tollit multitudinis deos, sed qui diis opiniones multitudinis applicat, disait Epicure. A quoi l'on peut bien rapporter ce que disait hardiment Sénèque en l'une de ses épîtres : Supertitio error insanus est : amandos timet, quos colis, violat. Quid enim interest, utrum deos neges, an infames ?
(éd. de 1716, p. 363)

L'idée était développée également par le personnage de Pétrone dans la tragédie Arie et Pétus (1659) de Gabriel Gilbert :

Leurs mystères sacrés sont de vrais badinages.
Il fait beau voir Janus avec ses deux visages
Et Cybèle et Bacchus errant parmi les champs
Faire retentir l'air de leurs horribles chants,
Vulcan tendre des rets pour surprendre sa femme,
Assembler des témoins pour se couvrir de blâme
Forger son infamie, et les pauvres mortels
A ce dieu sans honneur élever des autels.
Il faut rire, Sénèque, ou paraître une souche
De voir Minerve armée et Jupiter en couche
Et Saturne le maître et le père de tous
Qu'on prive de l'honneur de faire des jaloux.
Peut-on imaginer rien de plus ridicule ?
Il faut que l'on l'avoue ou que l'on dissimule
Et Momus le plus sage et le plus fou des dieux
A bien de quoi railler quand il est dans les cieux.
(I, 3, p. 11-12)

Dans le prologue d'Amphitryon, la Nuit déplore le fait que Jupiter a les mêmes préoccupations amoureuses que les mortels ("se faire à leur badinage").




Sommaire | Index | Accès rédacteurs