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Le mariage n'est pas un badinage


"Le mariage, Agnès, n'est pas un badinage."
L'Ecole des femmes, III, 2 (v. 695)

Le Concile de Trente avait solennellement rappelé, dans ses décrets et dans le Catéchisme qui en résultait, le caractère fondamental et sacré du mariage (1).

De nombreux textes du XVIIe siècle se font l'écho de ces principes :

Voir aussi "en se mariant le crime en soit ôté" et "ce lien sacré où ils aspirent".


(1)

Le concile de Trente avait affirmé que le mariage est un sacrement. L'un des canons qui en résultent est le suivant :

si quis dixerit matrimonium non esse vere et proprie unum ex septem legis evangelicae sacramentis a Christo Domino institutum, sed ab hominibus in Ecclesia inventum neque gratiam conferre : anathema sit.
(session XXIV, De sacramento matr., C.1).

Dans le Catéchisme publié à la suite du Concile de Trente (1566), on lit :

Les Fidèles doivent se rappeler que cette union n’est point une chose purement humaine. Non, le Mariage est une alliance toute divine qui exige une grande pureté de cœur, et une piété toute particulière.
(Catéchisme de Trente, Chapitre 27, § VII)

Ainsi, outre l’adultère, d’autres genres de libertinage sont encore punis dans Moise. [...] De plus le libertinage intérieur du cœur est également défendu, car cette Loi est essentiellement spirituelle. Nous en avons la preuve dans ces paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : "Vous savez qu’il a été dit aux Anciens: vous ne serez point adultères ; mais Moi Je vous dis que quiconque regarde une femme avec une intention mauvaise, a déjà commis t’adultère dans son cœur".
(chapitre 34, § 1)

--

(2) Bourdaloue, sermon "Sur l'état de mariage" :

C'est sans contredit un bien pour le christianisme, et pour vous en particulier qui êtes appelés par la Providence à vivre dans le monde, que le Fils de Dieu ait consacré le mariage par son institution; que non seulement le mariage ne soit point un état criminel, comme l'ont voulu faire passer quelques hérétiques; ni une société purement civile, comme il l'est parmi les païens, ni une simple cérémonie de religion, comme il l'était dans l'ancienne loi; mais un sacrement qui confère la grâce de Jésus-Christ, établi pour sanctifier les âmes, pour représenter un de nos plus grands mystères, qui est l'incarnation du Verbe, et pour en appliquer les mérites à ceux qui le reçoivent dignement. Sacramentum hoc magnum : oui, mes frères, disait saint Paul, ce sacrement est grand.
(éd. des Oeuvres de 1833, t. V, p. 61)

-- (3)

[Le mariage] est un sacrement, parce que le consentement des volontés et l'union des corps, signifient d'une part la charité qui est selon l'esprit entre Dieu et l'âme juste ou l'Eglise, et de l'autre le sacré Mariage que J.C. a contracté avec cette même Eglise par le mystère de son Incarnation. Ce sacré Mariage doit donc servir d'exemple aux mariages des hommes [...].
(Antoine Courtin, Traité de la jalousie, 1674, p. 72)

-- (4)

Mais, quand par une fausse supposition, le mariage serait purement humain, au lieu que nous le reconnaissons pour une chose divine, je pourrais toujours montrer que ceux qui l'ont établi l'ont estimé sacré; que les plus sages législateurs se sont employés à le bien régler, et que, dans l'Antiquité, on a mis au nombre des dieux un homme qui avait appris aux hommes l'art de se bien marier.
(p. 22)

(5)

Telle est l'appréciation du personnage de Gélasire dans La Précieuse (1656-1658) de l'abbé de Pure :

Ceux-ci traitent cette liaison, cette union, cet abandonnement de corps et de désirs, cet engagement mutuel de foi et de sentiment pour une vétille et pour une imagination, la font passer pour une chimère [...] D'une façon et d'autre les sentiments sont dangereux et sentent le libertinage. [...] La loi du mariage est une loi sainte qui ne souffre pas les prévaricateurs ; il faut en avoir le respect dans le coeur, en avoir toute l'idée devant les yeux ; et non seulement être ponctuel à ne rien faire qui la choque, mais encore à ne rien omettre de ce qu'elle désire.
(éd. Magne, Paris, Droz, 1938, t. I, p. 298-299)

On lit aussi plus bas :

Elle montra que le mariage était une chose sainte de soi, et que la raison avait été inventée pour régler la nature.
(éd. Magne, Paris, Droz, 1938, t. II, p. 25)




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