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Le fond de notre coeur, dans nos discours, se montre


"Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre,
Le fond de notre cœur, dans nos discours, se montre;
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais, sous de vains compliments."
Le Misanthrope, I, 1, v. 69-72

L'exigence d'Alceste est formulée par un personnage de la conversation "De la dissimulation", recueillie dans L'Esprit de cour (1663) de René Bary :

Je suis tellement pour la franchise que je voudrais même que l'ingénuité du visage découvrît le fond du coeur, que le silence fût parlant, que le regard fût interprétatif, qu'on connût, par le mouvement du dehors, les ressorts du dedans.
(p. 209)

La même aspiration est exprimée dans le sermon "Sur la charité fraternelle", prêché par Bossuet en 1662, dans le Carême du Louvre, devant le roi :

Je pourrais bien, chrétiens, faire aujourd'hui les mêmes plaintes; et encore qu'on ne vit jamais plus de caresses, plus d'embrassements, plus de paroles choisies, pour témoigner une parfaite cordialité, ah ! si nous pouvions percer dans le fond des cœurs, si une lumière divine venait découvrir tout à coup ce que la bienséance, ce que l'intérêt, ce que la crainte tient si bien caché, ô quel étrange spectacle et que nous serions étonnés de nous voir les uns les autres avec nos soupçons, et nos jalousies, et nos répugnances secrètes les uns pour les autres !
(t. IX, p. 242)

Dans sa Sophonisbe (1663), Corneille avait fait constater à son héroïne que "le fond du coeur n'éclate pas toujours" (III, 4, v. 944)

(voir également "je veux qu'on soit sincère").




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