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La noblesse, de soi, est bonne


"La noblesse de soi est bonne: c'est une chose considérable assurément, mais elle est accompagnée de tant de mauvaises circonstances, qu'il est très bon de ne s'y point frotter."
Georges Dandin, I, 1

Le contraste entre les avantages intrinsèques de la noblesse et les mauvaises circonstances qui accompagnent sa concrétisation dans les individus avait été mis en évidence par La Mothe le Vayer

  • dans le "petit traité" "Des gentilshommes" (Derniers Petits Traités, 1660) :

La noble naissance est d'un si grand avantage dans la vie qu'elle ne peut être trop estimée. [...] Les gens de bas lieu, ou de fortune médiocre, quelque mérite qu'ils aient, ne sont pas vus avec cet éclat et cette recommandation qui accompagnent ceux dont la vertu est relevée par celle de leurs ancêtres. Il ne faut donc pas trouver étrange que tant de personnes recherchent cette grande prérogative d'une ancienne et excellente origine, puisqu'il y a peu de nations qui n'aient convenu de ce sentiment de lui porter beaucoup de respect.
[...]
Mais il n'arrive pas toujours que ceux qui ont cette puissante recommandation du sang possèdent le mérite personnel absolument requis pour se la conserver. Souvent, au contraire, l'on remarque qu'ils en sont tellement dépourvus que les vertus de leurs ancêtres ne servent qu'à mieux faire reconnaître les défauts qu'ils sont et combient ils sont dissembalables à ceux dont ils se contentent de porter les armes et le nom.
(éd. de 1756, VII, 2, p. 59)

  • dans le "petit traité" "De la noblesse" (Opuscules et petits traités, 1647) :

Il faut demeurer d'accord que ce n'est pas sans sujet qu'on donne presque partout, et de temps immémorial, de grands avantages à la noblesse.
[...]
Mais, quoiqu'on ne dispute, absolument parlant, aucun des privilèges que ceux qui succèdent aussi bien au mérite qu'au nom et à la gloire de leurs devanciers, il ne laisse pas d'y avoir de la difficulté à l'égard de beaucoup d'autres qui ont dégénéré.
(éd. de 1756, II, 2, p. 402)




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