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La circulation du sang


"Mais sur toute chose, ce qui me plaît en lui, et en quoi il suit mon exemple, c'est qu'il s'attache aveuglément aux opinions de nos anciens, et que jamais il n'a voulu comprendre, ni écouter les raisons, et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle, touchant la circulation du sang, et autres opinions de même farine."
Le Malade imaginaire, II, 5

La démonstration de la circulation du sang est présentée comme une "découverte" du "siècle" dans les Entretiens de philosophie (1671) de Rohault (1) et comme un exemple du progrès des connaissances dans La Promenade en neuf dialogues (1663) de La Mothe le Vayer (2).

Les résistances aux thèses circulationnistes

  • sont dénoncées amplement dans le Commentaire en vers français sur l'école de Salerne, contenant les moyens de se passer de médecin et de vivre longtemps en santé avec une infinité de remèdes contre toutes sortes de maladies (1671) de Claude-Denis Du Four de la Crespelière (p. 616sq)

  • font l'objet de plaisanteries dans la Requête des maîtres ès arts, professeurs et régents de l'Université de Paris, présentée à la Cour souveraine de Parnasse. Ensemble l'Arrêt intervenu sur ladite requête contre tous ceux qui prétendent faire, enseigner ou croire de nouvelles découvertes qui ne soient pas dans Aristote (1671), attribuée à Bernier et Boileau (3)


(1)
On a fait la découverte d'un très grand nombre de choses, dont il ne paraît pas qu'on ait eu connaissance avant ce siècle ici ;entre lesquelles il y en a quelques-unes qu'il semble même qu'Aristote n'a fait qu'entrevoir [...] par exemple, la pesanteur de l'air, la circulation du sang, l'arc-en-ciel, et surtout la vision tant directe que celle qui se fait par réflexion et par réfraction.
(p. 207-208) (source : L. Drach, Das medizinische Vokabular Molières, 1970, p. 76

(2)

Il ne faut point douter que la médecine ne pût recevoir de grandes et avantageuses lumières des connaissances modernes qu'on a prises par tant d'exactes et de curieuses dissections anatomiques du corps humain, si l'opiniâtreté jointe à l'intérêt ne nous rendait en ceci, comme en assez d'autres choses, incapable de nous départir des erreurs dans lesquelles nous avons été élevés. Quod quisque perperam in juventute didicit, in senectute confiteri non vult. Certes, la démonstration récente de la circulation du sang, dont le coeur est la véritable source, sans parler de ce qu'on a nouvellement remarqué ensuite, donne évidemment à connaître une infinité de bévues qui se sont commises par le passé, et pourrait remédier à celles de l'avenir, si l'on n'aimait mieux persister dans une pratique aisée et lucrative, que d'avouer d'avoir jamais rien ignoré qui ait pu faire tomber dans la moindre faute. Mais n'approfondissons pas davantage un propos qui, comme vous l'avez fort bien présupposé, ne peut pas plaire à beaucoup de personnes qui s'y trouvent intéressées.
(éd. des Oeuvres de 1756, IV, 1, p. 151)

(3)

Ce considéré, nosseigneurs, il vous plaise ordonner [...]
Que le sang ne circulera plus, et que le coeur ne lui ouvrira plus la porte pour entrer au poumon.
(p. 8)

La Cour, ayant égard à ladite requête, [...] fait très expresses inhibitions et défenses au sang d'être plus vagabond, errer, ni circuler dans le corps, sous peine d'être abandonné entièrement à la Faculté de médecine de Paris pour être tiré sans mesure.
(p. 11)




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