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Je ne me suis pas seulement donné la peine de l'écouter


"Mais encore, instruis-nous, et dis-nous les défauts qui y sont. - Que sais-je, moi ? Je ne me suis pas seulement donné la peine de l'écouter. Mais enfin je sais bien que je n'ai jamais rien vu de si méchant."
La Critique de L'Ecole des femmes, sc. V

Une telle attitude avait été dénoncée dans le "petit traité" "De la censure des livres" (Nouveaux Petits Traités, 1659) de La Mothe le Vayer :

On se contente souvent de dire avec un dégoût fastueux qu'un livre déplaît, sans pouvoir dire pourquoi et notre injustice est si grande que nous défendons ces jugements téméraires avec plus d'opiniâtreté que si nous les avions fait avec connaissance.
(Oeuvres, éd. de 1756, VII, 1, p. 230)

dans Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653) des Scudéry :

Ces jeunes gens gais et étourdis, qui se vantent de ne savoir pas lire et qui font vanité d'une espèce d'ignorance guerrière, qui leur donne l'audace de juger de ce qu'ils ne connaissent pas, et qui leur persuade que les gens qui ont de l'esprit ne disent que des choses qu'ils n'entendent point ; de sorte que sans se donner seulement la peine de savoir par eux-mêmes comment parlent ces personnes qu'ils fuient avec tant de soin, ils en font des contes extravagants, qui les rendent eux-mêmes ridicules à ceux qui sont dans le bon sens. Mais outre ces sortes d'hommes, qui ne sont capables que d'un enjouement évaporé et inquiet, qui les mène continuellement de visite en visite ; sans savoir ce qu'ils y cherchent, ni ce qu'ils y veulent faire.
(p. 6919)




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