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Je n'en prendrai pas


"SGANARELLE, tendant sa main derrière, par-dessous sa robe, tandis que Géronte ouvre sa bourse : Je n'en prendrai pas, Monsieur. [...] Je ne suis pas un médecin mercenaire"
Le Médecin malgré lui, II, 4

"Je n'en prendrai pas, je ne suis pas mercenaire (Il prend l'argent)."
Le Médecin volant, sc. VIII

Le jeu de scène était bien connu des contemporains, qui l'associaient souvent au comique médical.

Il est représenté, en particulier, sur une planche de Lagniet, avec la légende suivante : "tel refuse d'une main qui le voudrait tenir de l'autre".

Il y est fait référence

  • dans la satire "Le médecin pédant" de Furetière (Poésies diverses, 1655) (1)
  • dans L'Ovide bouffon de Richer (1649, rééd. 1665) (2)
  • dans le prologue "Sur le nez" de Bruscambille (Les Fantaisies de Bruscambille, contenant plusieurs discours, paradoxes, harangues et prologues facétieux par le sieur Des Lauriers, 1618) (3)

Il est mis en oeuvre dans Le Médecin volant de Biancolelli (4).

Dans Le Médecin volant de Boursault, un développement scénique est consacré au paiement du médecin, sans que le texte ne mentionne le lazzo de l'argent accepté tout en feignant le refus (5).

Egalement dans Arlequin et Scaramouche juifs errants de Babylone", selon Biancolelli (6).


(1)

Alors il met la main au derrière du dos.
D'une telle posture ayant compris l'adresse,
Je fais signe au valet qu'il y mette la pièce.
Il la prend.

(2)

Et ces grands donneurs d'ordonnances
Non pour recevoir des finances
Mais bien plutôt pour en donner
Sauront si bien embeguiner
Et refuser à leur manière
En tendant la main par derrière [...].
(p. 193)

(3)

A propos, Messieurs, j'avais grand besoin de vos présences, et encore plus de ce que les médecins prennent en refusant et refusent en prenant ; car dicendo nolo accipiunt pecunias, et cependant ampoulent l'apostume de leurs gibecières aux dépens des crevailles et entrailles de vos bourses.
(éd. P. G. Brunet, 1863, p. 47)

(4)

Les notes de Biancolelli traduites par Gueulette donnent la brève indication suivante :

Après quelques lazzis Pantalon veut me payer, je le refuse en tendant la main, il me donne trois écus.

(5)

FERNAND lui veut bailler de l'argent.
Monsieur...

CRISPIN
Ah !

FERNAND
Recevez ces louis de ma main.

CRISPIN
Je n'ai garde.

FERNAND
Prenez, je vous dois récompense,
Monsieur.

CRISPIN
Je ne suis pas un marchand de science.

FERNAND
Hé de grace.

CRISPIN
Non non, je vous suis serviteur.
Il s'en va
(sc. XIII)

(6)

Je feins de ne pas vouloir la recevoir et je la prends.
(éd. D. Gambelli, Arlecchino a Parigi. Lo scenario di Domenico Biancolelli, Rome, Bulzoni, 1993, t. II, p. 719)




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