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J'en suis le maître


"Allons, il faut enfin montrer un cœur plus fort,
Mon frère.– C'est bien dit.– C'est une chose infâme,
Que d'être si soumis au pouvoir d'une femme.
– Fort bien. – De ma douceur elle a trop profité.
– Il est vrai. – Trop joui de ma facilité.
– Sans doute. – Et je lui veux faire aujourd'hui connaître
Que ma fille est ma fille, et que j'en suis le maître,
Pour lui prendre un mari qui soit selon mes vœux."
Les Femmes savantes, II, 9 (v. 698-705)

Le comportement que se propose d'adopter dorénavant Chrysale correspond à celui qui est présenté comme équilibré dans la troisième partie (1658) de la Clélie des Scudéry :

Pour être mari avec honneur, il faut être maître et, pour être un fort honnête homme, il ne faut être ni le tyran ni l'esclave de sa femme. Je soutiens même qu'il y va de l'honneur de celles qui ont de bons maris de leur laisser une autorité qui paraisse aux yeux du monde, quand même par excès d'amour ou par quelque autre cause, ils n'en voudraient pas avoir ; et qu'une fort honnête femme ne doit jamais souhaiter qu'on dise qu'elle soit la gouvernante de son mari, mais seulement qu'elle a du crédit sur son esprit, qu'il l'estime, qu'il la croit et qu'il l'aime, et non pas qu'il lui obéit aveuglément, comme s'il était incapable de se conduire lui-même.
(V, 1, p. 335)




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