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J'ai présentement besoin de cent pistoles


"Vous pouvez librement disposer de mon bien.
- Je suis homme à saisir les gens par leurs paroles
Et j'ai présentement besoin de cent pistoles."
L'Ecole des femmes, I, 4 (v. 283-284)

Dans sa Zélinde (1663), Donneau de Visé conteste la vraisemblance de ce geste généreux d'Arnolphe :

ARGIMONT :
[...] quelle apparence y a-t-il qu'Arnolphe ait cent pistoles toutes prêtes et qu'il les donne à un jeune homme, sur un mot de lettre d'un ami, qu'il n'a point vu depuis quatre ans (suite...)
(sc. III, p. 22)

De même, dans La Guerre comique (1664) de La Croix :

CLÉONE.

Je pardonnerais cela à Molière si vous pouviez vous parer de l’endroit des cent pistoles. Arnolphe est autant prodigue de son bien qu’il est avare de son honneur. Prêter son argent sur une lettre d’un ami, avec qui on n’a eu aucun commerce depuis quatre ans ? Devait-il par entrer en quelque défiance, et craindre une surprise de la port d’Horace ?

PHILINTE.

Il est vrai Madame que Molière a tort de n’avoir pas fait Arnolphe un faquin accompli. Ce Jaloux satisferait les Censeurs de cette Comédie s’il montrait beaucoup de défiance, [page 20] et s’il jugeait mal du fils de son ami. Hé, si nous condamnons les maximes de sa jalousie, laissons-lui au moins la liberté de disposer de son bien. Connaît-il pas la main du père de ce jeune homme ? Sait-il pas que son débiteur est solvable ? Et Horace est-il pas assez bien fait pour mériter qu’on lui prête cent pistoles sur sa bonne mine, quand il n’aurait point cette recommandation de son père ?

MÉLASIE.

Quoi, vous souffririez comme ce Jaloux que votre rival emportât votre argent pour s’en servir contre vous-même ?

CLÉONE.

La fâcheuse pilule !

(Dispute première, p. 19-20)




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