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Il prend un bâton et lui en donne


"Doux objet de mes vœux, je vous frotterai les oreilles. - Ivrogne que tu es. - Je vous battrai.- Sac à vin. - Je vous rosserai.- Infâme. - Je vous étrillerai. - Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, pendard, gueux, belître, fripon, maraud, voleur...! - Il prend un bâton, et lui en donne.- Ah! vous en voulez, donc. - Ah, ah, ah, ah."
Le Médecin malgré lui, I, 1

La bastonnade de l'épouse était un des traits de comportement de Tabarin, dans l'imaginaire du personnage qu'avaient transmis les textes imprimés comme

  • Les Justes Plaintes du sieur Tabarin sur les troubles et divisions de ce temps (1621) (1)
  • La Querelle de Tabarin et de Francisquine (1621) (2)

Le motif se trouve fréquemment dans les recueils d'histoires plaisantes des années 1650-1660 (3).


(1)

Tout le mal vient de ce beau chien de Tabarin ; quand il en revient (ce n'est pas sans boire comme vous pensez), c'est de tempêter, de crier et de frapper sur moi tant qu'il peut, j'en ai le pauvre dos tout meurtri, Dieu sait comme il me traite, les galériens n'ont pas tant de mal que moi.
(p. 7)

(2)

Sur cela, Tabarin enfla la gibecière de son courroux, et, soupçonnant que Francisquine, pendant cet entretien, lui aurait joué quelque tour de maître Gonin, il commence à jeter pots, plats, potages et écuelles sur le plancher, cassa les verres, et prit un bâton pour la frotter, à quoi il eût longuement travaillé sans le secours de la mère-grand de Grisigoulin [...].
(éd. de 1858, p. 406)

(3)

D’un homme qui avait battu sa femme

Un maréchal ne pouvant être le maître de sa femme pour son humeur étrange, fut forcé un jour de la battre ; elle le mit tellement en colère qu’il lui fit trois ou quatre trous, et la rendit au lit bien malade. Après cela, il la fait panser soigneusement à grand frais, n’y épargnant rien de ce qui lui pouvait rendre la santé. […] Son mari […] envoya quérir l’apothicaire et le chirurgien, et ayant fait compte avec eux, leur dit en sa présence, Messieurs, voilà pour le passé, et voici encore autant par avance, pour la première fois que ma femme sera mauvaise. Ce qui fut cause que de là en avant ils firent bon ménage.
(Le Courrier facétieux, ou recueil des meilleures rencontres de ce temps, Lyon, Claude de la Rivière, 1650 p. 124)

D’une femme battue par son mari qui fit la morte

Une femme battue par son mari, se laissa choir à la renverse, retenant son haleine, faisait la morte afin de l’épouvanter et lui faire peur comme s’il l’eût tuée. Lui, n' était ignorant de la malice des femmes, de la sienne mêmement, puisque la bête est morte, dit-il, il la faut écorcher …
(Ibid., p. 125)

Dispute d’un homme avec sa femme
[...]
(Les Récréations françaises, ou nouveau recueil de contes à rire, Rouen, Pierre Ferrand, 1665, t. I, p. 149-152)

Autre dispute d’un homme avec sa femme
Ce n’est pas chose extraordinaire de voir le mari et la femme s’entre-manger, cela arrive tous les jours, et si tous les maris qui ont des femmes enragées faisaient ce que vous allez ouïr en celui que je vous vais conter, il n’y aurait pas tant de scieurs d’ais qu’il y a pour le présent, on appelle ainsi ceux qui sont valets de leurs femmes, car entre les scieurs d’ais le maître est toujours dessous. Un homme ayant une femme de l’humeur de celle que vous venez de lire, et pire encore, si toutefois cela peut être, après en avoir bien enduré, fut conseillé par un sien ami de la ranger à son devoir, et en être le maître, et que pour ce fait il fallait faire jouer martin bâton tout le saoul […].
(Ibid., p. 152-154)




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